Xabi Ambroise

À partir de relation du type analogique, c’est-à-dire appuyée sur la ressemblance plus ou moins grande entre deux mots, deux notions, deux objets, ou bien sur la correspondance entre une chose et une idée, le (…)

À partir de relation du type analogique, c’est-à-dire appuyée sur la ressemblance plus ou moins grande entre deux mots, deux notions, deux objets, ou bien sur la correspondance entre une chose et une idée, le travail de Xabi Ambroise se développe autour de récits et de leurs métamorphoses dans la relation à l’autre. En pratiquant divers médiums et la création collective, il explore la notion de l’entre-deux, du fragment et de la porosité entre le réel, le symbolique et l’imaginaire.

Son approche se nourrit de détails contextuels, qu’il s’agisse de ceux d’une atmosphère, d’une image ou de la particularité d’un lieu comme celui de l’exposition. Des récits sont mis en jeu de façon indicielle dans ses installations. Ils s’enracinent dans le terrain du jadis, d’archaïsmes pluriels et de futurs indéterminés. Ils visent à unir une part du rationnel à celle du poème.

Benoit Baudinat

Benoit Baudinat est né à Lausanne en 1989. Il a vu ses films primés dans différents festivals par André Velter, Marina Vlady, Sylvia Bergé. Son travail, au sein duquel l’acte d’écrire est dominant, questionne les (…)

Benoit Baudinat est né à Lausanne en 1989. Il a vu ses films primés dans différents festivals par André Velter, Marina Vlady, Sylvia Bergé. Son travail, au sein duquel l’acte d’écrire est dominant, questionne les rapports qu’entretient notre société vis-à-vis des notions d’identité, de résistance, d’intimité et de folie, par le biais de la vidéo, de la performance, de la photographie et de la littérature contemporaine. En 2019, il lance sur YouTube le projet Radio Plancton, plateforme filmique et littéraire s’emparant de sujets d’actualités, de figures politiques, publiques ou issues du star-system,  d’éléments fictionnels et/où intimes propres à l’auteur pour composer la bande sonore et visuelle d’un journal d’artiste. La même année, il obtient le Prix des Arts Visuels de la Ville de Nantes.

Johann Bertrand d'Hy

En général nous parlons beaucoup trop. Nous devrions moins parler et plus dessiner. Pour moi, je voudrais me déshabituer absolument de la parole et ne parler qu’en dessins, comme la nature, créatrice de toutes les (…)

En général nous parlons beaucoup trop. Nous devrions moins parler et plus dessiner. Pour moi, je voudrais me déshabituer absolument de la parole et ne parler qu’en dessins, comme la nature, créatrice de toutes les formes. Ce figuier, ce petit serpent, ce cocon qui attend tranquillement l’avenir, étendu sur la fenêtre, tous ces objets, ce sont des signes d’un sens profond ; oui, si nous pouvions bien déchiffrer seulement le sens de ces objets, nous pourrions bien vite nous passer de tout ce qui est écrit et de tout ce qui se dit !

J.W. Goethe (Johann Peter Eckermann – Conversations avec Goethe)
Crédit photo : © Gregory Valton

Anthony Bodin

Je suis engagé dans un processus (quasi) systématique qui lie peinture abstraite, monde industriel et geste primitif. Je pratique une peinture du quotidien utilisant comme supports des objets fabriqués en série. J’envahis les espaces creux, (…)

Je suis engagé dans un processus (quasi) systématique qui lie peinture abstraite, monde industriel et geste primitif. Je pratique une peinture du quotidien utilisant comme supports des objets fabriqués en série. J’envahis les espaces creux, les remplissant de peinture par des gestes simples, anonymes et obsessionnels. La fonction des objets utilisés est niée afin d’accentuer leurs potentiels décoratifs, le décoratif ayant souvent un lien étroit à l’excès et à la propagation. Cette prolifération se retrouve dans la répétition d’un geste minimum et de son déploiement maximum. Mon travail résonne avec la compulsion de répétition de la société de production et de consommation, exhibant son automatisme, sa folie, son vertige et son absurdité malgré sa rationalité apparente.

Aux désordres charmants de la fantaisie, je continue à préférer les désordres pervertis de la rigueur.

François Morellet

Laura Bottereau & Marine Fiquet

Notre duo né en 2013 construit un ensemble où installations, dessins, sculptures, textes et vidéo se répondent et se complètent pour former une fiction commune. Les figures corporelles d’apparence enfantine que nous mettons en scène (…)

Notre duo né en 2013 construit un ensemble où installations, dessins, sculptures, textes et vidéo se répondent et se complètent pour former une fiction commune. Les figures corporelles d’apparence enfantine que nous mettons en scène en poursuivent les chapitres. Par des jeux de détournements, de glissements et de fragmentations, nous dé/construisons des corps. Leur lecture plurielle permet de mettre à distance une éventuelle détermination. Le passage d’une condition corporelle à une autre prend forme plastiquement à travers des présences inanimées, immobiles, empruntant leurs caractéristiques conjointement à l’adulte et à l’enfant, au féminin et au masculin. Les registres du costume et de la dissimulation participent aux simulacres. Il s’agit de se jouer des apparences, rechercher l’illusion pour crier qu’elle est fausse, convoiter les faux-semblants, aller à leur rencontre.

Blandine Brière

Blandine Brière est une artiste qui fait appel à notre mémoire. Elle réitère la pensée vernaculaire toujours au profit d’un processus qui valorise le fait du vivre ensemble. Elle met en avant un questionnement se (…)

Blandine Brière est une artiste qui fait appel à notre mémoire. Elle réitère la pensée vernaculaire toujours au profit d’un processus qui valorise le fait du vivre ensemble. Elle met en avant un questionnement se réalisant au contact de chacun, dans une forme d’intimité propre ; basé sur la recherche sonore. Elle élargie les seuil de tolérance de la musique à l’évocation du temps sonore. Proche de la pensée de Cioran « la musique est du temps sonore », elle prend le temps d’une histoire qui se raconte, (qui se rend-compte), fait signe sans se borner à la narration.

[…] Des réalisations qui ne présentent pas forcement une icône mais évoquent le souffle d’un oracle, des pavillons, des antennes qui transmettent une image mentale vibratile avant tout. Au bord de la membrane vibre donc un message à en-visager, un territoire via le corps et le texte ; à entendre comme le [cortexte] d’un territoire.

Extrait du texte de Baptiste Vanweydeveldt, écrit pour le catalogue « Dessous » à l’occasion de la résidence Terre et Art, Mai 2017.

Marie-Johanna Cornut

Marie-Johanna Cornut déploie dans sa pratique une attention toute particulière à l’implication du visiteur, qu’il s’agisse de symbolique des images, de narration où de rapport à la performativité. Ses objets sculpturaux, faits d’étoffe, de plexiglas, (…)

Marie-Johanna Cornut déploie dans sa pratique une attention toute particulière à l’implication du visiteur, qu’il s’agisse de symbolique des images, de narration où de rapport à la performativité. Ses objets sculpturaux, faits d’étoffe, de plexiglas, de corde ou de contreplaqué s’appréhendent dans une perpétuelle mouvance, dans un jeu de combinaison de formes, de matières contrastées et de couleurs. Marie-Johanna Cornut a été formée à l’École supérieure des Beaux-Arts de Toulouse. Résidente à la Cité internationale des Arts de Paris en 2013/2014, elle s’est installée à Nantes depuis 2015. Elle bénéficie actuellement d’un atelier à Bonus sur l’île de Nantes, mais ouvre régulièrement sa pratique d’atelier à la réalité des espaces et contextes qu’elle expérimente. Ses installations adhèrent pleinement au lieu, à son histoire et aux rencontres dans lesquelles l’artiste va puiser pour constituer une fabrique de ce qu’elle nomme des « constellations environnementales ». Ce vocabulaire de formes géométriques inspirées de l’histoire de l’art ou de la culture populaire constitue une grille de lecture élastique : la circulation, les respirations entre chaque sculpture lui permettent de créer des trames fictionnelles, des espaces scéniques. L’artiste s’emploie désormais à croiser les problématiques de la peinture à travers la composition, ou bien de la domesticité à travers la fonctionnalité des objets.

Sandra Doublet

Cat Fenwick

In between, le monde et la balance des choses S’inscrivant délibérément dans le répertoire de la sculpture et du volume, le travail de Cat Fenwick conjugue l’exploration du sensible et la matériologie. Sur le mode (…)

In between, le monde et la balance des choses

S’inscrivant délibérément dans le répertoire de la sculpture et du volume, le travail de Cat Fenwick conjugue l’exploration du sensible et la matériologie. Sur le mode de l’enquête et de l’expérimentation, ses œuvres proposent des rencontres improbables qui distillent effets d’équilibre, d’instabilité ou de fragilité. Paysages domestiques, sculptures d’intérieurs, portraits improbables composés de textures hétérogènes, les pièces de Cat Fenwick multiplient lignes, froissements et plis par le biais notamment d’analogies avec la feuille blanche et le dessin dans l’espace. Dislocations des rapports d’échelle et d’ergonomie, amalgames des matières, ses œuvres participent à la création d’images qui mettent en scène tensions et forces selon la nature des éléments mis en relation. Corps, modules, enveloppes, reliefs simplifiés deviennent le lieu de rendez-vous de combinatoires entre mouvement, volume et dimension picturale, prétextes à des mutations entre données figuratives et physicalité concrète. Dorsales, ossuaires de squelette ou maillage textile rappelant le cuir clouté dialoguent avec la céramique ou le bois, la faïence ou le verre soufflé. De mondes en miniature à la croisée de la maquette, de même que de possibles renvois aux champs du mobilier et du design.

Décrivant ses productions à la façon de séquences qui se décomposent comme un story board, Cat Fenwick s’exprime ainsi : « chaque œuvre est comme un cliché qui devient un film ». Segments épars d’une narration qui met bout à bout des pastilles faites main, comme autant de vignettes produites selon des techniques variées de moulage, découpe ou d’agencement, il s’agit ici d’évoquer une pratique de la confection généralisée alliant savoir faire, geste et logique sérielle. Hêtre, chêne, grès, granite, fer à béton, c’est par le biais de cette investigation empirique qui déjoue les propriétés des différentes matières et que l’artiste use pour aboutir à une forme de ce qu’elle a ainsi nommé « L’unité des opposés ».

Selon des postures invitant à sortir du cadre et des registres, et questionnant les signes dans l’espace, le travail de Cat Fenwick s’apparente à une vaste mise en déséquilibre des incarnations, dans laquelle le sens et l’interprétation n’ont de cesse de brouiller les pistes, et tel que l’on donne à voir des stratégies de l’accroche et de la suspension, à la façon d’un jeu sans fin. Strike a pose.

Fred Emprou, mai 2018

Makiko Furuichi

Née en 1987 à Kanazawa au Japon, Makiko Furuichi vit et travaille entre Nantes et Rennes. Elle est diplômée de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes (2011) et du Kanazawa College of Art au Japon (…)

Née en 1987 à Kanazawa au Japon, Makiko Furuichi vit et travaille entre Nantes et Rennes. Elle est diplômée de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes (2011) et du Kanazawa College of Art au Japon (2009). Elle développe un travail pictural sur différents supports et qu’elle expérimente dans des installations et des sculptures. En 2018, elle est lauréate du prix des Arts Visuels de la Ville de Nantes. Au cours des dernières années, elle a réalisé de nombreuses expositions en Europe et en Asie. En 2018, elle présente une exposition personnelle au Frac des Pays-de-la-Loire, à Wish Less (Tokyo), et en 2019 elle réalise l’œuvre Dream Jungle dans le cadre du projet Chambres d’Artistes du Voyage à Nantes. Elle réalise également un travail d’édition et compte plus d’une quinzaine de publications personnelles et collectives à son actif, incluant aussi bien de la bande dessinée que des livres d’artistes.

Olivier Garraud

Ici se télescopent art contemporain et culture populaire, monde tertiaire de la fiche bristol, espace public et domesticité, pratique low-tech et langage post-médium. Formant un rhizome de signes et de formes syncrétiques, ses dessins évoquent (…)

Ici se télescopent art contemporain et culture populaire, monde tertiaire de la fiche bristol, espace public et domesticité, pratique low-tech et langage post-médium. Formant un rhizome de signes et de formes syncrétiques, ses dessins évoquent aussi la forme des breaking news, une autorité produite tant par celui qui l’émet que par sa synthétisation. Ce sens de la formule, du storytelling traverse le travail. À l’image d’un monde aux apparences trompeuses, l’usage du crayon semble signer le constat d’échec du médium internet. Karl Kraus induisait déjà le formatage de l’information par la langue. Faut-il quitter le software pour être entendu ? Ce retour au geste et à la main s’inscrit à rebours de l’utopie progressiste relayée par des technologies se renouvelant sans cesse et de plus en plus vite, jusqu’à obsolescence.

Extrait du texte d’Agnès Violeau, Étant donné la situation nous ne changerons rien, écrit à l’occasion de l’exposition éponyme d’Olivier Garraud à la Petite Galerie, Cité internationale des arts de Paris

Pauline Gompertz

Dans les productions de Pauline Gompertz, la statuaire antique et le body building se disputent le podium dans la course effrénée à la construction d’un corps idéal. Mais au travers de ces figures prosaïques ou (…)

Dans les productions de Pauline Gompertz, la statuaire antique et le body building se disputent le podium dans la course effrénée à la construction d’un corps idéal. Mais au travers de ces figures prosaïques ou mythologiques peuplant ses vidéos et installations, c’est surtout la circulation et la production des images culturelles rendant explicite la fabrique d’identités genrées qu’elle s’attache a dépeindre. (…) En utilisant volontairement des matériaux pauvres ou réemployés, mais aussi des sujets populaires, autrement dit en réaffirmant l’élévation de ce qui fut d’abord considéré comme bas, elle vient créer une faille systémique dans le champ de l’art. Lorsque le-a spectateur-trice prend conscience de la mascarade, le signifiant change de sens. Le souci du détail, l’extrême précision de ses œuvres tendent alors à mettre en exergue ce processus.
CELLULE CAPITEUSE (extrait)

Adrien Guigon

Adrien Guigon développe un travail pluriel où le geste et le temps abordent une place primordiale. Observateur, il se saisit d’objets et d’images récurrents trouvés en milieu urbain qu’il nomme « motif ». Fragments de paysages érodés, résidus d’activités comme (…)

Adrien Guigon développe un travail pluriel où le geste et le temps abordent une place primordiale. Observateur, il se saisit d’objets et d’images récurrents trouvés en milieu urbain qu’il nomme « motif ». Fragments de paysages érodés, résidus d’activités comme des traces dans le ciel, ils sont les marques de leur temps ; témoin d’une époque, d’une civilisation, d’un contexte mondialisé. Adrien Guigon propose des oeuvres réalisées avec une économie de moyens choisie, généralement constituées d’une teinte colorée, d’un matériaux associés à un geste simple : découper, teinter, empiler, froisser, scier. La pratique d’Adrien Guigon nous soustrait à la trivialité de notre quotidien collectif. Il nous propose un pont entre la réalité de nos espaces publics parfois moroses à son goût et une poésie contemplative.

Camille Hervouet

Basées sur la trilogie nature, architecture, habitant, mes images explorent l’attachement à l’espace habité. Dans ces espaces quotidiens, je m’intéresse à ce qui dit à la fois le singulier et le groupe, comme un point (…)

Basées sur la trilogie nature, architecture, habitant, mes images explorent l’attachement à l’espace habité. Dans ces espaces quotidiens, je m’intéresse à ce qui dit à la fois le singulier et le groupe, comme un point de jonction entre l’effacement de soi et l’apparition du commun. Je cherche le familier, dans son sens du connu, de l’ordinaire, du modeste, qui à la fois rassure et exaspère. L’acte photographique permet d’assumer, d’affirmer que le réel se traduit au travers d’une multitude d’expériences individuelles du monde. Notre rapport aux autres, aux espaces, aux situations, se joue alors dans ces variations du point de vue ; il est mouvant, hypothétique, incertain. Le doute n’est pas une faille, mais une position à activer : artistique, sociale, politique.

Chloé Jarry

« Se lever, enserrer la poignée de porte, et ressentir un trouble : sa forme est quelque peu modifiée. Ce léger changement donne alors à cet objet de notre quotidien une nouvelle valeur, nous l’observons dans (…)

« Se lever, enserrer la poignée de porte, et ressentir un trouble : sa forme est quelque peu modifiée. Ce léger changement donne alors à cet objet de notre quotidien une nouvelle valeur, nous l’observons dans toute l’étrangeté de sa normalité et le considérons avec attention. Le travail de Chloé Jarry agit selon ces mêmes modalités. Elle sculpte, ou dessine, des éléments qui nous entourent en en modifiant la matière. Ses céramiques réinterprètent des objets manufacturés et rarement valorisés : amas d’ampoules, carrelages typiques des habitations bon marché des années 70, ferronneries, etc. Elle ne sculpte pas un catalogue archétypal de notre espace domestique ; elle donne au contraire une individualité à chacune de ses pièces, sérielles comme uniques. Ses installations s’apparentent à des souvenirs, à des répliques singulières et des reliques désacralisées. »

Léa Cotard-Blanco pour Collimateur Excentré, Chloé Jarry, Galerie du Haut Pavé mai 2019

Julie Knaebel

La pratique de Julie Knaebel se déploie par le biais de différents médiums, aussi bien l’édition, que la photographie ou l’installation. Si la forme imprimée prédomine, c’est à travers son côté manipulable, palpable, sa dissémination (…)

La pratique de Julie Knaebel se déploie par le biais de différents médiums, aussi bien l’édition, que la photographie ou l’installation. Si la forme imprimée prédomine, c’est à travers son côté manipulable, palpable, sa dissémination possible, et ses multiples existences. Parmi toutes ses œuvres, l’idée de récit est omniprésente. Ses dernières recherches portent sur les liens entre art contemporain et littérature, elles mettent en avant l’importance de la narration, et mènent à de nouvelles formes d’écritures, à des expérimentations où se jouent des frictions entre textes et formes plastiques. Elle s’intéresse aux phénomènes naturels, à l’infime, à l’évanescence et la disparition.

Laurence Landois

La Macefied House à Seattle, propriété d’une vieille dame hostile à la destruction de sa petite maison, fut un point de départ. Cette lutte est devenue le symptôme d’une résistance de l’échelle d’une maison contre (…)

La Macefied House à Seattle, propriété d’une vieille dame hostile à la destruction de sa petite maison, fut un point de départ. Cette lutte est devenue le symptôme d’une résistance de l’échelle d’une maison contre le   All-over des surfaces d’immeubles. Les maisons abandonnées de Detroit servent à l’artiste de référent pour exhiber le dedans/dehors de leur ruine. Avec la série des LandScale, le paysage urbain confirme la perte d’échelle humaine au profit d’une grille dans laquelle seule la présence, désormais archéologique, de tickets de bus, rappelle l’échelle de la main.

Jean-François Demeure

Olive Martin & Patrick Bernier

Patrick Bernier et Olive Martin se sont rencontrés à l’Ecole des BA de Paris en 1999. Expérimentant différentes formes -films, performances, installations- au gré de projets au long cours souvent réalisés en collaboration avec des (…)

Patrick Bernier et Olive Martin se sont rencontrés à l’Ecole des BA de Paris en 1999. Expérimentant différentes formes -films, performances, installations- au gré de projets au long cours souvent réalisés en collaboration avec des professionnels d’autres champs comme des juristes (X. et Y. c/ Préfet de …; Plaidoirie pour une jurisprudence, Aubervilliers 2007), conteurs (Quelques K de mémoire vive 2003/2005 et Bienvenue chez nous, Album de résidence, Montréal 2005), vendeur aux enchères (Traceroute Chant, San Francisco/Paris 2010), tisserands (Wilwildu, Dakar/St-Nazaire 2016). Ils créent ainsi des œuvres où se perçoivent les efforts consentis par les uns et les autres pour bousculer leurs propres langue et forme. Cette remise en question de la relation de l’individu à un territoire propre, terre, pays ou activité professionnelle est également au centre de leur deux films, Manmuswak, (Nantes 2005) et La Nouvelle Kahnawake, (Montréal 2010). En 2012 ils créent l’Echiqueté, variante du jeu d’échecs, pour interroger la situation paradoxale du métis dans l’histoire coloniale au regard de la situation ambiguë de l’artiste politiquement engagé dans le champ de l’art contemporain. Abordant alors le tissage en autodidactes pour la réalisation de leurs échiquiers, ils persévèrent depuis dans leur intérêt pour ces techniques qui condensent une histoire à la croisée des technologies, des échanges culturels et des luttes sociales (Le rêve du Paquebot, France/Sénégal/Chine depuis 2018).

Bevis Martin & Charlie Youle

Bevis Martin et Charlie Youle collaborent depuis 2004. Travaillant essentiellement la sculpture, ils explorent nos modes de connaissance du monde, s’amusant avec les glissements de sens notamment dans les ouvrages de transmission de savoirs, les (…)

Bevis Martin et Charlie Youle collaborent depuis 2004. Travaillant essentiellement la sculpture, ils explorent nos modes de connaissance du monde, s’amusant avec les glissements de sens notamment dans les ouvrages de transmission de savoirs, les manuels pédagogiques et les dessins d’enfants.

« Toutes les formes qui adviennent entre leurs quatre mains sont déduites de savoirs incomplets, de traductions approximatives, d’interprétations déviantes, le plus souvent dictées par des esprits innocents et avides de connaissance (…) C’est ainsi que les artistes travaillent à améliorer l’inadéquation originelle entre l’idée et son image, qu’ils ramifient la branche fabuleuse menant au vrai par l’assimilation du faux ou encore, encouragent la confusion entre la représentation et la métaphore. »

Julie Portier

Guillaume Mazauric

Dans mon travail j’explore les perspectives sémantiques et picturales ouvertes par les images numériques et les techniques qui leur sont propres. Je pratique le dessin et la peinture en tant que procédés principiels, archaiques et (…)

Dans mon travail j’explore les perspectives sémantiques et picturales ouvertes par les images numériques et les techniques qui leur sont propres. Je pratique le dessin et la peinture en tant que procédés principiels, archaiques et donc intrinsèquement humains de fabrication d’images mais le travail préparatoire de composition des images que je vais peindre fait systématiquement appel à des outils de traitement informatique : collections, classements, montages, post-traitements, génération, IA … Ces « nouvelles images » constituent un sujet privilégié pour mes peintures et dessins, afin de leur donner une aura alternative à celle des écrans où elles apparaissent.

Georgia Nelson

Née à Londres en 1975. Vit à Nantes. La pratique plastique de Georgia Nelson s’envisage selon des dimensions iconoclastes à travers des médiums tels que la vidéo, la peinture et la performance. Montages de contextes, (…)

Née à Londres en 1975. Vit à Nantes. La pratique plastique de Georgia Nelson s’envisage selon des dimensions iconoclastes à travers des médiums tels que la vidéo, la peinture et la performance. Montages de contextes, d’images et de situations, ses œuvres conjuguent les postures, le décalage et un caractère éphémère. Prétexte à la mise en réseau de signes glanés du quotidien, d’iconographies ou de la culture pop, Georgia Nelson manie l’ironie et le différé, les renversements et les variations, le féminisme et l’humour. Jeu de rôle généralisé, scène ouverte que l’artiste investit sous différentes coutures, ses films procèdent par agencements absurdes, déplacements et travestissements. Ses productions picturales se distinguent par des formats mixtes, la surimpression et les transferts : collages mêlant la lettre et les textures, une diversité de matériaux et de supports utilisés, ces tableaux  tiennent  du dessin naïf et du slogan écrit. Contours graphiques et colorés, ils constituent autant d’éléments que l’artiste brode comme des fictions qui s’entrecroisent.

Bruno Persat

Il n’avait qu’un oeil. Dans l’autre cavité il y fait un nombril… Oh, mais pas de quoi s’inquiéter, dans sa dépression ombilicale il y avait un autre oeil, entièrement équipé d’une paupière et de cils. (…)

Il n’avait qu’un oeil.
Dans l’autre cavité il y fait un nombril…
Oh, mais pas de quoi s’inquiéter,
dans sa dépression ombilicale il y avait
un autre oeil, entièrement équipé d’une paupière
et de cils.
Il avait les mêmes larmes pour les histoires tristes
et les oignons.
Mais parce-que son nombril, je veux dire,
son oeil ombilical était myope,
il portait un monocle pour la vue à distance.
La nuit, il se tenait à la fenêtre, laissant son nombril,
je veux dire, son oeil ombilical, regarder comment
la lune traversait de son monocle à son nombril,
je veux dire, son oeil ombilical…

Céleste Richard Zimmermann

Céleste Richard Zimmermann questionne la culture populaire, la culture du quotidien, la culture des images en s’appropriant ses codes, mythes et croyances au travers de la sculpture, la peinture, ou encore de l’installation. Certaines de (…)

Céleste Richard Zimmermann questionne la culture populaire, la culture du quotidien, la culture des images en s’appropriant ses codes, mythes et croyances au travers de la sculpture, la peinture, ou encore de l’installation. Certaines de ces réalités esthétiques l’intéressent tout particulièrement comme le grotesque et l’excès. Ce sujet met en exergue une humanité perpétuellement actrice dans des rapports de force et de contradiction. De ces formes émergent des images renversées, métamorphosées ou rapidement anthropomorphisme et animalité apparaissent. Elles sont parfois cristallisées dans des figures animales au caractère ambigu comme le porc ou le rat, qui sont le vecteur dans certaines sociétés d’un malaise social. Ses propositions jouent avec la notion d’entrevision, dans un entre deux d’images latentes, entre horreur et divertissement. Une idée de confusion, tiraillée entre tragique et comique. Un espace ambivalent où la frontière entre l’acceptable et l’intolérable semble brouillée, dissimulée sous un rire léger.

Cendrine Robelin

Auteure-artiste née en 1983, Cendrine Robelin peint et dessine, réalise des films, des installations et des créations sonores, questionnant le passage initiatique et l’impermanence du vivant. Son travail explore les frontières de l’invisible et se (…)
Auteure-artiste née en 1983, Cendrine Robelin peint et dessine, réalise des films, des installations et des créations sonores, questionnant le passage initiatique et l’impermanence du vivant. Son travail explore les frontières de l’invisible et se situe au point de retournement entre le chaos et la renaissance, dans une approche holistique et cyclique de la vie. Inspirée par les spiritualités orientales, l’alchimie, la mythologie grecque, l’expressionnisme allemand, le symbolisme et tant d’autres, elle cherche au plus près du corps organique à transmuter les ombres en lumières dans son travail, en s’appuyant sur les notions d’être vivant, d’écoute et d’écosystème.

Benoît Travers

Benoit Travers creuse les failles par des gestes répétés. Dans la logique de ses diverses actions et performances, il martèle de manière continue une voiture coincée sous les gravats dans le Oued asséché d’el Melah, (…)
Benoit Travers creuse les failles par des gestes répétés. Dans la logique de ses diverses actions et performances, il martèle de manière continue une voiture coincée sous les gravats dans le Oued asséché d’el Melah, comme pour en accélérer l’érosion ; il ébrèche à grand coup de sabre les crampons d’un pneu semblant évoquer le rocher que roule chaque jour Sisyphe jusqu’en haut d’une colline. De ces superpositions et polyrythmies, il en ressort un « dialogue sonore » rejouant l’entremêlement des rythmes percussifs produit par les ouvriers sur les chantiers. Son geste, en apparence vain et monotone, travaille les récits comme des actes, procède d’une poésie en lutte contre les destins scellés. Portant son attention sur des éléments saillants de l’espace urbain (…) Benoit Travers érige les conditions d’une « architecture f(r)ictionnelle » qui façonne une partition musicale que l’on ne sait pas encore jouer.
Extrait du texte, Avant la poussière Marion Zillio © 2018

Grégory Valton

Mes travaux se déclinent autour des notions de remémoration, de réitération, et de l’expérience du corps pris dans une histoire ou dans un contexte. Ma démarche s’inscrit dans une temporalité longue et je privilégie une approche de l’espace subjective et (…)

Mes travaux se déclinent autour des notions de remémoration, de réitération, et de l’expérience du corps pris dans une histoire ou dans un contexte. Ma démarche s’inscrit dans une temporalité longue et je privilégie une approche de l’espace subjective et instinctive. C’est entre une confrontation du corps et d’un lieu, que je cherche dans le paysage ou les archives, des signes relatifs à la mémoire.

Ma pratique de la photographie a été bousculée par le fait de partager un atelier avec d’autres artistes. Les plasticiens interrogent la mise en espace et l’occupation de leurs œuvres dans un lieu donné, obligeant un déplacement du corps dans l’exposition. Ainsi, je privilégie d’autres médiums, comme la vidéo ou la performance, pour faire avancer et évoluer certains de mes projets en cours. Ce questionnement passe aussi par les formes d’accrochage ou de présentation.

Anne-Sophie Yacono

Anne-Sophie Yacono développe son travail autour d’un monde créé de toutes pièces : Chatteland. Celui-ci retourne l’agressivité du monde actuel, en particulier contre les femmes, en un lieu qui leur serait dédié. Ce monde est (…)

Anne-Sophie Yacono développe son travail autour d’un monde créé de toutes pièces : Chatteland. Celui-ci retourne l’agressivité du monde actuel, en particulier contre les femmes, en un lieu qui leur serait dédié. Ce monde est à la fois un refuge et une arme contre le patriarcat. Ses œuvres, principalement de la sculpture, sont d’ailleurs envahies de variations de rose (couleurs dédiées de manière arbitraire au féminin) pour  montrer qu’il s’agit aussi des couleurs de l’intérieur du corps, notamment des viscères. L’idée est d’aller au delà de la surface, la peau, pour plonger dans la sensualité du corps de l’intérieur, du caché, de ce qui est occulté dans notre société actuelle. Son travail développe aussi une réflexion sur la propagande et plus largement sur les rapports de dominations. Les œuvres existent pour contaminer l’espace visuel et séduire sans dévoiler leur but.

Ariane Yadan

L’humain, ses émotions et la précarité de son existence sont au coeur de nombreuses oeuvres d’Ariane Yadan, quels qu’en soient les médiums.  À grand renfort de montage photographique, de jeux d’optique, et de dispositifs d’installations (…)

L’humain, ses émotions et la précarité de son existence sont au coeur de nombreuses oeuvres d’Ariane Yadan, quels qu’en soient les médiums.  À grand renfort de montage photographique, de jeux d’optique, et de dispositifs d’installations espiègles (jeu sur le déplacement du spectateur ou l’échelle), Ariane Yadan propose une vision intime des états de la conscience et de la vie humaine. Elle évoquant successivement iconographie classique ou histoire des représentations, et fabrique progressivement une mythologie personnelle car l’autoportrait reste un axe de travail fondateur. Un humour narquois et malicieux se rencontre au détour de certaines oeuvres où le memento mori fait aussi régulièrement apparition. C’est un travail sensible, parfois éprouvant à recevoir pour le spectateur, mais qui est la preuve d’une grande probité et d’une volonté d’utiliser l’art pour toucher l’autre, en se faisant témoin d’une existence ressentie et transmise.

Caroline Molusson

Je développe une recherche artistique interrogeant la perception et la transformation de l’espace. L’origine de ce travail vient d’une pratique de l’improvisation en danse : comment notre corps peut-il créer un nouveau rapport avec l’espace, (…)

Je développe une recherche artistique interrogeant la perception et la transformation de l’espace. L’origine de ce travail vient d’une pratique de l’improvisation en danse : comment notre corps peut-il créer un nouveau rapport avec l’espace, inattendu, brutal, onirique?

Je travaille avec de nombreux médiums : installation in situ, sculpture, vidéo, performance, photographie, dessin. J’utilise des matériaux modestes, issus de mon environnement immédiat et reste dans une technique d’improvisation : écoute de l’instant présent, création spontanée, réponse immédiate; je fais peu de montage, recadrage, finitions mais beaucoup de répétitions, d’allers et retours, décompositions, recompositions… J’élabore différents gestes : ouvrir, fermer un espace, découper le vide, superposer, dédoubler, juxtaposer; déconstruire et réagencer un motif, jouer sur les rapports plan/profondeur, la couleur…

Je cherche à partager des sensations ressenties et les mettre en forme, trouver un rythme et une énergie. Mes travaux agissent alors comme des flashes où l’on aperçoit un bref instant une béance, une fissure dans la réalité.